Qu’est-ce que l’Art-Thérapie Contemporaine (ATC)

L’Art-Thérapie Contemporaine© (ATC) est une méthode de soin permettant de dépasser les difficultés personnelles par le biais d’une stimulation des capacités créatrices. N’étant pas orientée par la création d’une œuvre et libérée des contraintes classiques de représentation, elle s’appuie sur une expérience intime de créativité inscrite dans un cadre de rencontre à visée thérapeutique et prend donc en compte certains concepts psychanalytiques permettant de ne pas négliger la réalité des phénomènes psychiques liés à cette situation singulière. Elle se différencie clairement des médiations artistiques, des ateliers de création expérientiels, de l’art-thérapie traditionnelle dans la mesure où elle ne procède à aucune interprétation, et enfin de l’art-thérapie moderne en se situant contre toute forme d’exploitation du potentiel artistique.

Le dispositif est l’outil de l’art-thérapeute. En marge d’une production traditionnelle d’objets figés dont le devenir est toujours problématique, les dispositifs de l’ ATC © tiennent de l’art contemporain sa vocation éphémère visant une forme de dématérialisation au profit d’une logique de relation en phase avec la réalité transitoire des mouvements transférentiels.

L’art-thérapie propose une expérience poétique éphémère offrant une expression autre, quand les mots viennent à manquer. Un temps pour se dire autrement et « prendre sa parole en main » (JP Royol). Tout en respectant le rythme de chacun, ce temps proposé peut permettre de (re)mobiliser la créativité et l’inventivité qui sont propres à chaque un. Elle peut permettre d’apaiser des tensions internes, certaines souffrances physiques et psychiques car dégagée de tout jugement et de toute interprétation. Elle propose une parenthèse comme une respiration psychique dans la réalité du patient.

Code de déontologie de l’Art-Thérapie Contemporaine©

Ce code est établi dans l’intérêt des personnes concernées par la pratique professionnelle de l’Art-Thérapie Contemporaine© (ATC) .

Article 1 – Tout art-thérapeute certifié par PROFAC justifie d’une formation dont le niveau est reconnu au Niveau 6 par les autorités administratives et agit dans le respect de la personne et des lois.

Article 2 – L’art-thérapeute se conforme au principe du secret professionnel dans les limites imposées par les textes législatifs.

Article 3 – Lorsque l’art-thérapeute intervient sur indication ou prescription médicale que ce soit en institution ou dans le cadre d’une activité privée il conserve la faculté de déterminer les dispositifs art-thérapeutiques utilisés.

Article 4 – Y compris s’il intervient sur indication ou prescription médicale, l’art-thérapeute n’accepte d’engager un travail art-thérapeutique qu’à la suite d’entretiens préliminaires et jamais contre l’avis de la personne concernée.

Article 5 – L’art-thérapeute s’oblige à perfectionner ses connaissances dans le cadre de la formation professionnelle continue et à faire superviser sa pratique professionnelle.

Article 6 – L’art-thérapeute s’engage à dénoncer tout propos charlatanesque consistant à présenter l’art-thérapie comme une médecine douce ou alternative.

Article 7- L’art-thérapeute n’entreprend rien qui puisse faire perdre des chances d’amélioration ou de guérison aux personnes malades.

Article 8 – L’art-thérapeute s’engage à ne jamais présenter son certificat de manière à donner l’illusion qu’il s’agit d’une profession médicale ou paramédicale.

Article 9 – L’art-thérapeute est conscient que sa méthode a elle-seule, ne présente pas les garanties d’efficacité et de sécurité de la médecine conventionnelle et ne peut donc en aucun cas la remplacer dans la mesure où elle n’est pas inscrite dans le Code de la santé publique.

Article 10 – L’art-thérapeute ne fait rien qui puisse laisser entendre que son titre fait partie du Registre partagé des professionnels de santé.

Article 11 – L’art-thérapeute s’interdit et dénonce toute pratique et tout discours et mystico-religieux s’introduisant dans le champ de l’art-thérapie.

Article 12 – L’art-thérapeute s’interdit de prendre part à l’établissement d’un diagnostic ou d’un traitement de maladies, réelles ou supposées, par acte personnel, consultations verbales ou écrites.

Article 13 – De manière générale l’art-thérapeute s’interdit toute situation d’exercice illégal de la médecine conscient que des sanctions d’emprisonnement et d’amende très lourdes sont encourues dans ce cas.

Article 14 – L’art-thérapeute ne fait rien qui puisse laisser entendre que son titre équivaut à celui de psychothérapeute traitant.

Article 15 – L’art-thérapeute s’engage à ne jamais inviter le demandeur à interrompre un traitement ou une prise en charge institutionnelle.

Article 16 – L’art-thérapeute s’interdit tout discours dénigrant la médecine.

Article 17 – L’art-thérapeute applique des tarifs raisonnables.

Article 18 – L’art-thérapeute se fait un devoir de dénoncer toute forme de déconsidération de sa discipline.

Article 19 – L’art-thérapeute entretient avec ses pairs des relations confraternelles.

Article 20 – L’art-thérapeute s’engage à diffuser une information précise permettant de différencier clairement sa discipline des médiations artistiques, des activités rééducatives, d’animation, ou des pratiques occupationnelles.

Article 21 – Lorsqu’il exerce sous forme libérale l’art-thérapeute se conforme aux textes législatifs concernant son statut et la gestion de son activité.

Ligue Professionnelle d’Art-Thérapie – LPAT

Créée en 2012, la Ligue Professionnelle d’Art-Thérapie a été pensée pour réunir en tant que membres actifs les art-thérapeutes titulaires d’une certification officielle inscrite au RNCP (Registre des Certifications Professionnelles) au niveau 6 français et européen ce qui marque un progrès certains face à un éparpillement d’attestations ou de « diplômes » parfois étrangers qui conduisait à un certain manque de lisibilité. Il en va de même pour des intitulés laissant penser à une pratique de médecine douce ou alternative. Elle est ouverte à tout sympathisant art-thérapeute et ou professionnel des champs de la psychologie, psychanalyse, de la sante, de la prévention et/ou de l’éducation Spécialisée.

De 2014 à 2018 l’association a été présidée par Béatrice Géneau, art-thérapeute détentrice d’une certification inscrite au RNCP et artiste.

En décembre 2018 c’est Adéline Samson, art-thérapeute détentrice d’une certification inscrite au RNCP et architecte d’intérieur, qui prend la relève.

Elle regroupe ainsi des art-thérapeutes certifiés et des professionnels engagés dans la promotion de l’art-thérapie soucieux de la protéger contre toute tentative de récupération sectaire, politique ou mystique.

L’objet de l’association est de favoriser le tissage de liens constructifs entre les art-thérapeutes officiellement détenteurs d’une certification inscrite au RNCP et toutes personnes solidaires du développement d’une art-thérapie professionnelle et rigoureuse.

Afin de renforcer ses actions et pour être au plus près des personnes concernées, la LPAT a mis en place des délégations. Vous pouvez à tout moment nous proposer un projet en vous appuyant sur notre Code de déontologie ainsi que les objectifs de l’association.

Une délégation permet de ne pas fractionner les actions mais au contraire d’agir et de s’unir pour un métier validé par son inscription au RNCP. Promouvoir l’art-thérapie dans votre région, commune, ville, village, département, pays…

Créer une délégation c’est ouvrir des liens entre professionnels, associations existantes, autodidactes, institutions : réunir, promouvoir, rechercher, s’engager afin de cerner les interventions de l’art-thérapie en respectant le Code de déontologie et ouvrir l’art-thérapie au domaine du soin pour ne plus la confondre avec des méthodes de bien-être.

Nous œuvrons pour favoriser une reconnaissance professionnelle utile tant dans le champ institutionnel que libéral et dégager petit à petit des axes cohérents. La délégation peut être créée par une association, une institution… (cotisation alors au nom d’une personne morale avec un référent nommé) ou par une personne physique.

Les délégations agissent en autonomie avec une charte à respecter.

https://artherapie.levillage.org/

Les chiffres de la maladie d’Alzheimer au Maroc

21 sep 2020 – Par : Mostafa EL HALI – Tags : Maroc, sante, Alzheimer

À l’occasion de la 21e édition de la Journée mondiale contre la maladie d’Alzheimer l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rappelé que cette maladie chronique est la forme la plus courante de démence au niveau mondial, et que le nombre de personnes qui en sont atteintes dans le monde, qui est estimé actuellement à 35,6 millions, devrait doubler d’ici à 2030.

Même s’il n’y a pas de statistiques exactes, on estime que le nombre de personnes atteintes d’Alzheimer au Maroc dépasse les 150.000 cas contre 850.000 en France et 7 millions aux États-Unis. Selon l’Association Espoir Maroc Alzheimer,  » Ce nombre estimé est appelé à augmenter proportionnellement au vieillissement de la population et en l’absence de recensement au Maroc, on peut multiplier ce chiffre par trois « .

Selon le dernier recensement général de la population et de l’habitat de 2014, les personnes âgées de plus de 60 ans représentent 9,6 % de la population marocaine totale qui est de 33 848 242 habitants avec 79 759 personnes âgées qui ont une incapacité totale par rapport à la mémoire et à la concentration. Selon les spécialistes, la maladie d’Alzheimer reste la première cause de démence dégénérative au Maroc

Au niveau mondial, l’OMS estime que 50 millions de personnes sont touchées par une forme de démence, dont la maladie d’Alzheimer est la forme la plus commune (60 à 70 % des cas).

En 2015, sur le plan international, leur coût était en effet estimé à 818 milliards de dollars, soit 1,1% du produit intérieur brut mondial.

Initiée en 1994, la Journée mondiale Alzheimer, organisée le 21 septembre, est devenue un rendez-vous incontournable pour celles et ceux qui s’engagent contre la maladie d’Alzheimer ou les pathologies apparentées. Une journée qui vise à informer le grand public sur la réalité de la maladie et les avancées de la recherche mais qui sert aussi à alerter les pouvoirs publics sur les difficultés rencontrées par les personnes malades et ceux ; familles, bénévoles, professionnels de santé ; qui les accompagnent au quotidien.

La maladie d’Alzheimer continue de faire des ravages au Maroc : Plus de 200 mille personnes atteintes

Par Hajjar El Haïti, 21 septembre 2021 à 20:50

Avec plus de 55 millions de personnes touchées au niveau international, dont plus de 200.000 au Maroc, la maladie d’Alzheimer est la forme de démence la plus répandue dans le monde. Le diagnostic précoce permet au patient d’anticiper sur l’évolution de la maladie avec son entourage.

Le monde entier a célébré hier mardi 21 septembre la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer. Il s’agit d’une occasion de sensibiliser le public à cette forme de démence, et à l’importance du diagnostic précoce, de l’accompagnement thérapeutique ainsi que le soutien du malade et les personnes qui l’accompagnent.

Il est donc important de bien connaître les symptômes de cette pathologie neurodégénérative pour pouvoir assurer une prise en charge rapide. Il faut savoir que la maladie d’Alzheimer évolue en plusieurs stades qui peuvent s’étaler sur 10 ou 15 ans, à savoir le stade prédémentiel ou prodromal, le stade 1 : démence légère, le stade 2 : démence modérée et le stade 3 : démence sévère. «Lors du stade prodromal, le malade ne présente que des troubles de la mémoire avec des oublis des faits récents, mais il reste autonome pour les activités de la vie quotidienne. C’est à ce stade que le diagnostic doit être fait pour pouvoir ralentir l’évolution de la maladie. Au stade 1, celui de la démence légère, nous sommes face à des troubles cognitifs constitués de troubles de la mémoire, mais aussi de troubles du langage, des difficultés à trouver les mots, ainsi que des troubles du raisonnement, du jugement et de l’orientation temporelle. On trouve aussi de l’indifférence, de la dépression et de l’apathie», explique Mustapha El Alaoui Faris, professeur en neurologie et neuropsychologie et président de l’Association Maroc Alzheimer dans un entretien accordé à la MAP. Et de poursuivre : «Au stade 2, les troubles de la mémoire vont intéresser en plus des faits récents la mémoire ancienne et celle des connaissances générales. Le langage devient très réduit et la communication et la compréhension sont altérées. L’autonomie est perdue et le malade a besoin de quelqu’un pour s’habiller ou pour aller aux toilettes. Et au stade 3, la détérioration intellectuelle est profonde, la communication avec le malade devient impossible. Il n’arrive plus à marcher et il est grabataire et incontinent».

D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie d’Alzheimer touche plus de 55 millions de personnes dans le monde. Ce nombre devrait presque doubler tous les 20 ans, pour atteindre les 78 millions en 2030 et 139 millions en 2050, d’après les calculs de l’OMS.

Au Maroc, le nombre des personnes atteintes de cette pathologie neurodégénérative est estimé à 200.000 cas. De même, les projections épidémiologiques nationales donnent 280.000 cas en 2030 et 400.000 cas en 2050. «Les démences sont la septième cause de décès parmi toutes les maladies et l’une des principales causes d’invalidité et de dépendance chez les personnes âgées dans le monde. D’ailleurs, 80% patients sont âgés de plus de 75 ans. Cela dit, cette maladie peut atteindre des personnes âgées de moins de 65 ans, mais avec un faible pourcentage dans 5% des cas», souligne le président de l’Association Maroc Alzheimer. «Au niveau mondial, les démences ont un impact disproportionné sur les femmes qui constituent 65% du total des décès dus à la maladie d’Alzheimer. Elles sont plus atteintes de cette pathologie, étant donné qu’elles vivent plus longtemps que les hommes et en raison de prédispositions biologiques hormonales», a-t-il ajouté.

D’après l’OMS, en 2019, le coût économique mondial total estimé des démences s’élevait à 1,300 milliards de dollars américains, et ces coûts devraient dépasser 2,800 milliards de dollars d’ici 2030, en raison de l’augmentation du nombre de personnes atteintes de démence et des coûts de soins. «La démence a des implications sociales et économiques importantes en termes de coûts directs de soins médicaux et sociaux et de coûts des soins informels», a déploré Mustapha

El Alaoui Faris.

En effet, le coût des médicaments prescrits pour les personnes atteintes d’Alzheimer (environ 1.200 dirhams par mois) demeure inabordable pour la majorité des familles au Maroc.

Pour ce qui est de la prévention contre la maladie, le directeur du Centre Alzheimer de Rabat a conseillé de traiter les facteurs de risque (l’hypertension, le diabète, l’augmentation du cholestérol…), d’arrêter le tabac, de réduire l’excès du poids, d’avoir une alimentation saine et de pratiquer une activité physique régulière. M. El Alaoui Faris a, par ailleurs, plaidé pour un environnement législatif approprié et favorable, fondé sur les normes internationales en matière de droits de l’Homme, pour protéger les personnes atteintes de démence et leur garantir des soins adéquats.

Action de la santé publique contre la démence dans le monde

D’après le Rapport mondial de situation sur l’action de santé publique contre la démence, publié il y a quelques jours, par l’Organisation mondiale de la santé, seul un quart des pays du globe disposent d’une politique, d’une stratégie ou d’un plan national pour soutenir les personnes atteintes de démence et leurs familles. La moitié de ces pays se situent dans la Région européenne de l’OMS. Pourtant, même en Europe, de nombreux plans arrivent, ou sont déjà arrivés, à leur terme, d’où la nécessité d’un engagement renouvelé de la part des gouvernements.

Le rapport souligne qu’il est nécessaire de renforcer de toute urgence le soutien, tant en termes de soins aux personnes atteintes de démence que d’aide aux personnes qui dispensent ces soins, que ce soit dans un cadre formel ou informel.

Les personnes atteintes de démence ont besoin de soins primaires, de soins spécialisés, de services communautaires, de réadaptation, de soins au long cours et de soins palliatifs. Si la plupart des pays (89%) qui communiquent des données à l’Observatoire mondial de la démence de l’OMS déclarent fournir certains services de proximité, l’offre est plus importante dans les pays à revenu élevé que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les médicaments contre la démence, les produits d’hygiène, les aides techniques et les aménagements du logement sont en outre plus facilement accessibles, et bénéficient d’un meilleur niveau de remboursement, dans les pays à revenu élevé que dans les pays à plus faible revenu.

Par ailleurs, le rapport note que sous l’impulsion de la société civile, les pays de toutes les régions ont bien progressé dans la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation visant à améliorer la compréhension de la démence par le grand public.

Ouvrages de référence